Et s’il était possible d’être autre chose qu’un nationaliste fanatique ou un hyperconsommateur zombifié?
Les guerres, les nationalismes, le racisme, l’ethnocentrisme, et plus généralement les intolérances culturelles de toutes sortes, sont dans la grande majorité des cas une réaction aux inégalités économiques et sociales, aux intérêts de pouvoir et à leurs traductions en matière culturelle : l’uniformisation et la massification.
Ces phénomènes sont aggravés et permis par l’ignorance et les préjugés relayés par les medias.
Là où en économie et en politique s’opposent (tout en se développant en parallèle) impérialisme et replis nationalistes, en matière culturelle s’opposent culture de masse d’une part, patrimonialisation et folklore de l’autre. Les gens ont alors le choix entre produits standardisés proposés par les industries culturelles et instrumentalisation de leurs propres traditions. Devenir un zombie ou lutter contre par le fanatisme et le repli sur soi.
Face à ce choix qui n’en est pas un, nous souhaitons démontrer par la pratique que des voies alternatives sont non seulement possibles mais surtout indispensables.
Elles passent sans doute par l’interculturalité, capable d’articuler le respect mutuel entre les différentes cultures et les nécessaires interpénétrations entre elles, sans quoi elles se mourraient.
Elles passent sans doute aussi par les artistes, car si beaucoup n’ont déjà plus rien à dire, certains sont encore porteurs d’un autre regard, de la créativité et de l’imaginaire qui nous font cruellement défaut.
L’enjeu est alors de s’ouvrir aux autres cultures tout en refusant une « culture mondiale » qui est l’anéantissement de la culture. Mais tout nous pousse au contraire: s’enfermer chez soi, toujours plus connecté et toujours plus seul, toujours moins autonome. C’est alors de créations qu’il s’agit: créations d’alternatives, de situations, fabrique de l’espoir, retour du dialogue et du débat, réappropriation des espaces publics, invention de lieux et de projets alternatifs favorisant la rencontre, les échanges non marchands entre êtres humains libres et responsables!
Si ça vous dit… nous on attaque!
Aller aux pages “Ecrits” – “Burkina-Faso Hiver 2011″